enter image description here Connaissez-vous Ricochet Média? Il s’agit d’un groupe de presse dont l’organe de diffusion principal est un site internet, Ricochet. Source fréquemment utilisée par les admirateurs et les activistes de la gauche métropolitaine à tendance Solidaire pour diffuser du contenu éditorial, Ricochet ne publie que du contenu idéologiquement dans l’air du temps. La nouvelle chroniqueuse du Devoir, Aurélie Lanctôt, est d’ailleurs issue de ce média. Une autre chroniqueuse, Céline Hequet, y sévit toutefois. Doctorante en sociologie à l’Université McGill, elle représente à elle seule tout ce qu’il y a d’insupportable et de dommageable à gauche pour la survie et l’émancipation de l’âme québécoise. Son plus récent papier intitulé « Les arguments pour l’indépendance du Québec (ou leur absence) » atteint des sommets en cette matière. Céline Hequet a été accueillie à un moment où à un autre par la société québécoise. Mais la respecte-t-elle aujourd’hui, cette société qui permet son épanouissement et son éducation à des niveaux supérieurs? Non, et c’est proprement scandaleux. Voyons pourquoi.

La question du régime vs. les « vraies affaires »

Pour Mlle. Hequet, le militantisme politique sert à « améliorer la vie concrète des gens ». Elle justifie son engagement en politique et ses études en sociologie par cette formule qui nous rappelle curieusement la démagogie d’un Legault, d’un Couillard ou d’un Charest cherchant à discréditer ceux qui se posent des questions plus fondamentales (comme la critique du régime politique) mais qui semblent, aux yeux de ceux qui n’approfondissent pas leur réflexion politique, déconnectées des « vraies affaires » des « vraies préoccupations » du « vrai monde ».

Deux différences toutefois séparent Mlle. Hequet des Couillard, Charest et Legault de ce monde : la définition du « vrai monde » qui, pour Hequet, correspond aux minorités oppressées, et l’aura de vertu de laquelle elle se drape pour justifier sa démagogie des « vraies affaires ».

Une attitude symptomatique de son milieu

On excusera en partie Mlle. Hequet de son ignorance des aspirations politiques historiques de la majorité francophone québécoise. Peut-être cette dernière n’est-elle arrivée que récemment au Québec (je n’en sais rien!). Elle poursuit de plus des études à l’Université McGill, institution où on ne l’incitera pas à comprendre la sensibilité politique québécoise francophone et où on la formera aux doctrines idéologiques progressistes au goût du jour. Qui plus est, cette université se situe à Montréal, une ville désormais de plus en plus détachée du Québec, selon la description que fait le géographe Christophe Guilluy du clivage grandissant entre les centres et les périphéries, qui se moule au modèle des « global-cities », devenant davantage un point d’injection des l’idéologies de la déliaison et de la déterritorialisation libérale au Québec, donc un centre de rayonnement du mondialisme au Québec, qu’un centre de rayonnement du Québec dans le monde.

On suggérera donc à Mlle. Hequet un séjour prolongé ailleurs au Québec – La Tuque? Trois-Pistoles? – plutôt qu’à Torontreal. Peut-être comprendra-t-elle alors mieux et avec davantage d’humilité sa société d’adoption? À moins que son attitude relève du mépris volontaire d’une certaine élite libérale envers les peuples?

Un mépris à peine dissimulé

La suite de notre lecture le laisse – hélas! – à penser lorsque Mlle. Hequet mentionne qu’il « faudrait d’abord définir quelles sont les caractéristiques sociales et culturelles spécifiques au Québec. La poutine? Les cretons? Être vaguement social-démocrate ou parler de la météo quotidiennement? » Si Mlle. Hequet se dresse en début de son article comme grande défenderesse des pauvres gens, du « vrai monde », force est d’admettre qu’elle adopte un discours répugnant que la gauche aurait, il y a quelques décennies encore, désigné comme étant propre à une bourgeoisie détestable, voire à une aristocratie méprisante du peuple. Aujourd’hui, cette même gauche ricochetière et prétendument solidaire diffuse allègrement ce genre de propos. On aura tout vu!

Savoir nommer l’ennemi

J’appelle les militants souverainistes et, s’il n’est pas trop tard, les dirigeants du Parti Québécois à lire massivement le papier rédigé par Mlle. Hequet afin d’être en mesure de faire quelque chose qu’ils peinent à faire depuis maintenant plusieurs années : identifier l’ennemi (les ennemis) politiques. Cette gauche à laquelle appartient Mademoiselle gagne du terrain en ville, dans les universités et jouit d’une quasi immunité médiatique dans les grands réseaux reconnus comme intellectuellement acceptables (excluant donc TVA et le Journal de Montréal).

Réveillez-vous, vous qui croyez qu’il faille être de gauche et progressiste pour valider et légitimer le projet de mise au monde de l’État du Québec. Si bien sûr Céline Hequet ne représente pas à elle seule la gauche progressiste, elle en constitue l’avant-garde. Je prédis que son discours, d’ici 10 ans, sera dominant à gauche et que les Éric Martin de ce monde, socialistes mais irrémédiablement et irréductiblement indépendantistes, se feront de plus en plus rares.

À ceux qui pensent qu’il est stratégique de parler d’autre chose que de souveraineté aujourd’hui, j’ose dire que le temps presse plus que jamais. Il est impératif de prendre de court les tenants de cette idéologie de la déliaison nationale, de prendre les moyens de nos ambitions à nous, peuple du Québec qui croyons encore en la citoyenneté et en les vertus des États et des frontières nationales en tant que protecteurs des spécificités culturelles du monde, de fonder notre État, un État qui soit fort et capable de se défendre contre les maîtres dissolveurs à venir. Créons-le fort et beau, comme nous, peuple du Québec, le sommes : résistants français intuables. Levons-nous et faisons notre pays sous les yeux terrifiés de ces alliés objectifs de la suppression des communautés d’appartenance nationales que les pages de Ricochet nous donnent parfois à lire.